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Fév 26

Les Aventures de l’Hermès Androgyne, par Kenwag

 

Gisèle Desailly, veuve de Juillard, l’avait une fois invité à sa table, après la publication de L’Apprenti Sorcier. La rencontre dura deux heures. Elle fut subjuguée au point de lui demander de mettre toute la conversation écoulée dans un livre… Cela devint « Une adolescence au temps du Maréchal »…

Un Barbare en Occident François Augiéras a traversé la vie comme une Etoile Errante. Sa lumière a transfiguré ses plus proches disciples. Venu avec ses Rêves, il est parti avec eux. Il est passé trop vite. Seuls nous restent ses livres. Survivent aussi les souvenirs, le témoignage de ses amis. Pour construire sa Légende…

Dans la nuit close comme une gemme, les falaises dominent la Vézère, ruine d’une forteresse vieille d’un million d’années. A leurs pieds, la rivière noire roule des flots de lave lisse. Leurs vagues accrochent des cristaux de lune. Sautant de roches en roches, un homme nu se glisse au bas des éboulis, à l’aube de l’eau sombre. Il tient à bout de bras le fer rugueux d’une longue épée à lame serpentine.

Cette Flamberge de Barbare, il l’a forgée lui-même, il en a fait son glaive magique, il lui a parlé des heures entières, il lui a donné un nom, il a dormi avec elle comme avec une amante, sentant l’acier froid caresser la peau fragile de sa verge.

Avec des gestes lents, comme en apesanteur, l’Etre Nu entre dans la chair liquide de la Vézère. Bientôt, le ressac longiligne lui arrive à la taille. La forte puissance du torse des eaux le fait vaciller. Pour rétablir son équilibre, il enfonce en profondeur ses deux pieds dans la chair du limon tiède.

Puis, en murmurant des prières jamais entendues de mémoire humaine, il lève au-dessus de sa tête son Arme Blanche, suspend son geste une seconde d’éternité, l’enfonce enfin, d’un geste puissant de Tueur de Dragon, dans le ventre de sable du fond de la rivière.

Le souffle court, la sueur roulant sur sa peau pâle, il recule. De retour sur la berge, à mains nues, en s’aidant d’un levier primitif taillé dans une branche d’arbre, il précipite sur son épée une avalanche de gros rochers.

Ainsi, la voilà enclouée, à jamais peut-être, dans le lit de la Vézère. Engloutie, comme Atlantis. Ensevelie, comme Pompéi.  Dans sa gangue d’eau mêlée de rocs.

Le flux retrouve très vite son calme fluide.

L’homme respire vite, comme après l’amour, tout son être est bandé par le plaisir de ce rituel accompli. Autour de lui, dans les ténèbres peuplées de fantômes de mammouths, le Périgord des Années Cinquante se retrouve lié d’un coup, par-delà l’espace, le temps, aux territoires vierges des hominiens préhistoriques vivant là un million d’années avant.

Puis l’Etre Nu s’éloigne dans le noir.

Il a trente ans.

Il s’appelle François Augiéras.

 

  1. I.                    LE GRAPHE DE LA LEGENDE

Samedi 18 juillet  1925. Rochester, USA, Etat de New York, Comté de Monroë. 03h 15 PM. Un bébé salue son arrivée dans le Réel par ses premiers cris. Il ne connaîtra jamais son Père, Pierre Augiéras, pianiste, professeur de musique, mort deux mois avant.

L’année suivante, François quitte l’Amérique avec sa Mère, Suzanne-Marie Kaczinska, d’origine polonaise. Ils arrivent à Paris. Huit ans vont s’écouler avant de le voir partir pour le Périgord, pour la première fois, avant d’entrer  enfin en contact  avec les Enchantements de la Dordogne, de la Vézère, de ses falaises. A leurs pieds, plus de deux décennies plus tard, il enclouera une Epée de Fer…

Etrange trajectoire.

François Augiéras, peintre, écrivain, poète, aventurier, voyageur…

Une longue courbe ascendante, asymptote du sublime, enluminée de fulgurances soudaines comme des orages tropicaux : ses livres, peu nombreux, précieux, par cela même.

Difficile, voire impossible, de bien dessiner le graphe de sa vie : tout au long de son existence, François Augiéras a voulu vivre sa propre Légende. Il l’a entretenue. Son charisme était si fort : ses amis eux-mêmes sont entrés dans ce Grand Jeu Androgyne…

Ainsi, fidèle parmi les fidèles, Paul Placet. De tous les disciples d’Augiéras, il est le seul, peut-être, à l’avoir bien connu. En tous cas, il a été son plus proche chevalier sur une durée très longue. Il a signé, en 1988, chez l’éditeur sarladais Pierre Fanlac, un épais volume de mémoires, François Augiéras, Un Barbare en Occident. Pour Paul, ce n’est surtout pas une biographie de son ami défunt. A le feuilleter, il est facile de s’en convaincre. Même si la vérité des faits, des gestes, de la Geste, a été respectée : sa lecture nous convie à un Légendaire de François Augiéras[C1] …

« Le Sarladais, autour des années 1948, était un pays merveilleux, au sens propre, dans la mesure où il était désert… »

Le décor est planté. Dans la mémoire de Paul Placet, les souvenirs exhalent le mystère d’une photographie exhumée d’un vieux portefeuille : le papier viré sépia lui donne une sorte d’étrange relief, les détails survolés hier d’un œil trop rapide prennent soudain une profondeur nouvelle, le monde invisible s’exhale en filigrane de la réalité.

« Le pays sortit à peine de la Seconde Guerre Mondiale. Il y avait, tout autour de Sarlat, des centaines de fermes dans le plus complet abandon, serties dans un terroir magique. Nous pouvions entrer, camper, dormir… Nous y trouvions même, parfois, du café dans de vieilles boîtes de fer blanc… »

C’est le Royaume Enchanté de la Belle au Bois Dormant. François Augiéras s’y promène comme Sigurd, en Prince régnant visitant ses terres. Autour de lui, à l’époque, un groupe d’amis à l’âme artiste : deux peintres, un architecte, un bibliothécaire, entre autres paladins… Puis Paul Placet, bien sûr, enseignant de l’Ecole Normale de Périgueux…

François les fascinait.

Au sens chamanique du terme.

Il exerçait sur eux, malgré lui, une fascination.

Tout en François était Charme : son allure, ses idées, sa voix extraordinaire, le style remarquable de ses discours, sa manière d’être…

Déjà, il était auréolé d’aventures menées tambour battant. Ses études, brèves, chaotiques, abandonnées après la cinquième pour devenir peintre. Sa culture d’autodidacte. Sa vie pendant la guerre. Ses lectures, mêlant Monfreid, Jules Verne, Malraux, Elie Faure (le voisin de Sainte-Foy-la-Grande), mêlées à une sorte d’encyclopédie de l’Histoire de l’Humanité. Son attirance pour la Grèce Archaïque distillant un fantasme de vie pastorale, de temples païens, d’offrandes, de jeux érotiques, d’androgynie…

Ce charme, il en jouait à volonté. Par un fait étrange, cet étrange magnétisme se dégageant de sa personne pouvait se transformer en une sorte de haine, de colère, de passion allant, en totalité, à l’encontre de la séduction. Augiéras a eu des Amis, certes, il a eu aussi des Ennemis non moins farouches. Son charisme venait de sa prestance, de sa voix – entendre François déclamer était un enchantement –, d’une aisance à vivre, à faire de la musique sans en avoir jamais appris le moindre rudiment…

D’une certaine manière, cette influence sur les autres a eu un effet bénéfique sur sa vie : Gisèle Desailly, veuve de Juillard, l’avait une fois invité à sa table, après la publication de L’Apprenti Sorcier. La rencontre dura deux heures. Elle fut subjuguée au point de lui demander de mettre toute la conversation écoulée dans un livre… Cela devint Une adolescence au temps du Maréchal

 

  1. II.                  LE PRINCE DERACINE

Prince Errant d’un Royaume d’Exil, François Augiéras connaît la situation paradoxale de tous les déracinés venus au monde, par le Jeu du Destin, en Terre Etrangère : ils ne se sentent appartenir à aucun terroir particulier, pas même celui où ils ont vu le jour. Toute sa vie, il sera partagé, entre d’un côté le Périgord, où il a toujours vécu en réalité, terre aimée de toutes ses forces, de l’autre, des Utopies Exotiques, d’une réalité variable, l’Afrique, l’Asie, la Grèce…

François Augiéras aime peaufiner sa légende : il fabulera toujours, par exemple, sur les circonstances de sa naissance : un certain épisode de médaille d’identité égarée à la maternité de Rochester lui permettra de se prétendre fils de Peau-Rouge. Vieille réminiscence du très archaïque thème de l’Echange de Bébés, cher au folklore des Fées, aux histoires d’enlèvement extraterrestres, aussi.

Par sa Mère, François Augiéras se sent Slave, il se crée des origines mythiques dans les steppes d’Asie Centrale. De plus, il est persuadé, tout imprégné de mystique tibétaine, d’avoir déjà vécu  en Périgord, dans une vie antérieure, au XVIIIe siècle, d’être ainsi en fait de retour chez lui après une longue absence[C2] … Métempsycose, fantasmes, réalités, forment en lui un mélange subtil, une forte alchimie : elle va laisser aussi des traces dans son attitude face à l’univers, dans sa Quête Mystique.

Il y a, chez François Augiéras, du mysticisme, pas de religiosité : c’est un Etre Païen, aux Profondeurs Panthéïstes, doué d’une Conscience Cosmique. Le Périgord, Terre de Magie, aux fortes Puissances Telluriques, chargée de Mémoire Multimillénaire, lui procure l’ataraxie nécessaire à l’écriture de ses livres. La beauté des paysages induit en lui, par la méditation, un état de grâce de l’espace-temps, une sorte de transe calme. Ce terroir est un Réceptacle Sacré, il y entre comme dans une Matrice Géante, il ne cessera de l’explorer, à pied, en vélo, en scooter.

Augiéras a le goût des Rituels.

Gestes d’éthique, actions esthétiques,  il les pratique comme une conjuration du réel, comme une catharsis de la banalité, pas par conviction religieuse. Ce sont des rites propitiatoires destinés aux puissances des Féeries, les seules capables d’enchanter la réalité.

François a toujours ressenti l’Appel Sensuel du Monde Invisible, il a cherché toute sa vie à communiquer avec cet Au-Delà. Pour lui, la Falaise était vivante, l’arbre doué de vie, il y avait, de ce fait, possibilité de communiquer avec eux.

Augiéras a aussi, enraciné en lui, en permanence, un goût du Jeu, un désir de Théâtre, une attirance pour le Mystère au sens cérémoniel du Moyen Âge.

Il veut soulever le Voile du Temple d’Eleusis.

A la fin de sa vie, il sera même très marqué par l’idée de l’existence d’une civilisation extraterrestre. Sa dernière exposition, présentée à Tunis, puis à Sarlat, « Peintures pour une Civilisation Inconnue », montrera des firmaments, des soucoupes volantes, des Êtres d’une Grande Beauté.

Au moment de rédiger son ultime texte, Domme ou l’essai d’occupation, François Augiéras se sent un être à part, venu de l’Espace, un accident de la Terre.

Il en a le pressentiment : il est là pour un temps très court.

La vie de cet homme semble vouloir échapper à l’analyse, à la chronologie. Il en a fait une fresque chamarrée. A se pencher sur elle, le spectateur finit par ressentir une sorte de vertige, à oublier l’écrivain au talent salué par les plus grands de ses pairs.

De 1944 à 1945, François Augiéras découvre l’Algérie, il retrouve, à El Goléa, son Oncle, vivant dans une sorte de Musée au Milieu du Désert. C’est le début de son aventure littéraire. D’étranges rapports vont se tisser entre ces deux hommes,  le liant à ce Colonel en retraite, ce naufragé volontaire au cœur du Sahara, dans son bordj. Cette liaison, le mot n’est pas trop fort, va aboutir, après plusieurs années d’écriture, de réécriture, à une série de petits livres signés du pseudonyme de d’Abdallah Chaamba, « Serviteur de Dieu ».

Il les expédie à Paris, à des personnalités littéraires de l’époque.

A force de construire sa légende, François a fini par lui faire modifier le cours de la réalité : le conte de Fées avait commencé avec le thème de l’Echange de Bébés, il continue avec celui du talisman, de l’Objet Enchanté capable de modifier la courbe du Réel.

Albert Camus confie son exemplaire du livre d’Augiéras à Gide. Celui-ci est transporté d’enthousiasme. Il écrit aussitôt à François, le 30 mars 1950, toute son admiration. Ils se rencontreront d’ailleurs à Taormina, en Sicile.

L’ouvrage sera en fin de compte édité en 1954 par les Editions de minuit sous le titre Le Vieillard et l’Enfant, sous la signature d’Abdallah Chaamba. La critique saluera cette œuvre tout en se perdant en conjectures sur la véritable identité de son auteur, l’attribuant même à Gide lui-même, voire à Montherlant.

Le subterfuge durera le temps de trois livres, Augiéras recouvre sa véritable identité après L’Apprenti Sorcier.

François a toujours été très attaché à ce premier livre. Dans son testament, il désirait voir réunis les textes de la version de 58, un chapitre de Une adolescence au temps du Maréchal – Un printemps au Sahara–, plus les chapitres titrés « El Goléa » dans Le Voyage des Morts. Cette réincarnation éditoriale n’a pas encore, à ce jour, été réalisée.

Bien sûr, Le Vieillard et l’Enfant, conçu par Augiéras comme u Oratorio profane, un ensemble de chants, le livret d’un Opéra Réel vécu près de son Oncle d’El Goléa, fut pour les Normaux un livre scandaleux dans les années 50, à cause de la description de la relation amoureuse liant l’oncle au neveu. Cependant, le mot « homosexualité » ne saurait à lui seul décrire le contenu réel de cette aventure : la violence, la passion, le goût pour la sauvagerie, les courses dans le désert, la vie près des troupeaux nomades…

Elle fut un Cérémonial Initiatique.

 

  1. L’AVENTURIER ORIENTAL

Personnage tout droit sorti d’un film de Visconti, par certains côtés, François Augiéras avait aussi une conception très « orientale » de l’existence. Cela se sent, à la lire, à écouter ses amis le raconter : il avait été marqué par sa période Nord-Africaine…

François a fréquenté, en Méditerranée, en Orient, plus tard, des cultures où ce type de problématique sexuelle ne se pose pas dans des termes ressemblant à ceux de la France. Cette phénoménologie homophile, sensuelle, amoureuse, peut, parfois, y être perçue d’une manière non-empreinte de la notion de faute, de déviation, engrammée par notre civilisation occidentale judeo-chrétienne.

Ces pratiques, pour les hommes comme pour les femmes, s’y inscrivent dans l’orbe d’un univers hypersensuel, même s’il est, par pudeur, très dissimulé. La notion de péché de chair, malgré les rigueurs de certaines religions, n’y revêt pas un caractère identique au nôtre. Un état d’esprit ayant, au fond, un aboutissement au Japon : chez le Japonais, l’Eros est génital, mental, sensuel, tout à la fois, sans interdit majeur. L’esprit s’y retrouve synchrone de la chair, dans le même plaisir du désir, à la différence de nos pays où 2000 ans de judeo-christianisme nous ont légué une dichotomie de l’amour à peu près schizophrène.

François Augiéras l’avait senti, la Grèce, l’Afrique du Nord, sont Terres Androgynes, en profondeur, les sens y sont en permanence sollicités par la puissance des parfums, des saveurs, par un certain goût pour le décorum, pour l’emphase, par un climat brûlant obligeant à porter des étoffes légères, à même la peau…

La nudité y est primordiale.

L’Homme Libre y vit bandé.

La Femme Libre, humide.

Sans solution de continuité.

Augiéras était très sensible à ce métabolisme mental. Celui-ci ne tenait pas, d’ailleurs, à la seule chair du réel, parfois d’un exotisme de pacotille. Il était lié, au contraire, souvent, à une véritable propriété de l’espace, une sorte de vibration sui generis des lieux : elle exacerbe les passions. Beaucoup de militaires  de carrière sont tombés sous ce charme, en Algérie, au Maroc, en Tunisie, au Congo, en Indochine, surtout…

Il existe aussi de tels lieux, en Europe, dans le sud de l’Allemagne, en Bavière, au Tyrol, en Autriche, en Italie, en Espagne. En fait, Le Vieillard et l’Enfant n’est-il pas, au-delà du temps, de la mort, une étrange réponse au livre de Thomas Mann, La Mort à Venise ? Une sorte de re-création mythique du duo Tadzio-Aschenbach ?…

Avec la publication de son premier livre aux Editions de Minuit, François Augiéras

Pourrait connaître la gloire. Cependant, il ne change rien, au fond, à sa manière de vivre. Certes, après la lettre de Gide, il va le rencontrer en Sicile.

Dans cet acte, il y a deux tenseurs.

D’une part, la considération du poids littéraire de Gide, de son influence potentielle sur le déroulement de sa carrière des lettres.

D’autre part, l’envie de jouer sa vie, encore, toujours…

François avait  un besoin continuel de Danser sa vie, encore, toujours…

François avait un besoin continuel de Danser devant les Astres…

Se révèle aussi chez Augiéras, alors, le Barbare : envoyer ses manuscrits du plus profond du Désert est pour lui un acte « d’agression contre l’Occident ».

Dès le début des années 50, il avait eu un sentiment de haine pour Paris, une ville désastreuse, selon lui, pour l’individu.

Il s’était juré de ne jamais y remettre les pieds…

Il a presque tenu ce serment…

François Augiéras voulait détruire la civilisation occidentale du XXe siècle en se situant au-dehors d’elle, en lui envoyant des livres d’une grande violence : ils déstabiliseraient les écrivains parisiens, pensait-il.

Ses étranges rapports avec le milieu littéraire furent, de ce fait, houleux. Il rencontra Bazin, Jouhandeau, Cendrars. L’entente ne fut jamais durable avec aucun d’entre eux : François était féroce. Il n’a jamais pardonné à un homme de vivre à Paris, dans un monde aussi perverti. Augiéras menait aussi la vie dure à ses éditeurs, rééditant Le Vieillard et l’Enfant à compte d’auteur, par exemple, sans prévenir les Editions de Minuit, tout en reprenant leur maquette.

Augiéras ne pouvait devenir une célébrité. Il y avait un artifice au départ de sa carrière : le petit Arabe illettré Abdallah Chaamba. Ce masque pouvait tenir le temps d’un livre, de deux, il ne pouvait durer…

François ne voulait pas rentrer dans le rang, il voulait garder toute sa liberté, ne pas fréquenter Paris. Il a sacrifié sa vie pour ne pas s’asservir à cette ville.

Des quantités de gens le lui avaient dit : une carrière d’écrivain se fait à Paris. Il n’a jamais voulu se rendre à ces raisons triviales. La vision carriériste de l’écriture, avec sa connotation d’arrivisme petit-bourgeois, lui était étrangère : sa vie était son œuvre d’art, il lui voulait de l’éclat, du mystère, de l’aventure.

 


 [C1]

 [C2]