Le théâtre des Esprits

François Augiéras, 18 juillet 1925-13 décembre 1971, peintre, écrivain, poète, aventurier, voyageur
Difficile, voire impossible, de bien dessiner le graphe de sa vie : tout au long de son existence, François Augiéras a voulu vivre sa propre Légende. Il l’a entretenue. Son charisme était si fort : ses amis eux-mêmes sont entrés dans ce Grand jeu Androgyne.

 » Le Sarladais, autour des années 1948, était un pays merveilleux, au sens propre, dans la mesure où il était déserté « 

Le décor est planté. Dans la mémoire de Paul Placet, François Augiéras, Un barbare en Occident, les souvenirs exhalent le mystère d’une photographie exhumée d’un vieux portefeuille.

C’est le Royaume Enchanté de la Belle au Bois Dormant. François Augiéras s’y promène comme Sigurd, en Prince régnant visitant ses terres.

Autour de lui, à l’époque, un groupe d’amis à l’âme artiste : deux peintres, un architecte, un bibliothécaire, entre autres paladins… Puis Paul Placet, bien sûr, enseignant de l’Ecole Normale de Périgueux.

François les fascinait. Au sens chamanique du terme. Il exerçait sur eux, malgré lui, une fascination. Tout, en François, était Charme : son allure, ses idées, sa voix extraordinaire, le style remarquable de ses discours, sa manière d’être.

Déjà, il était auréolé d’aventures menées tambour battant. Ses études, brèves, chaotiques, abandonnées après la Cinquième pour devenir peintre. Sa culture d’autodidacte. Sa vie pendant la guerre. Son engagement dans la Marine. Ses premières équipées au Sahara. Ses lectures, mêlant Monfreid, Jules Verne, Malraux, Elie Faure (le voisin de Sainte-Foy-la-Grande), mêlées à une sorte d’Encyclopédie de l’histoire de l’Humanité.

Son attirance pour la Grâce Archaïque distillant un fantasme de vie pastorale, de temples païens, d’offrandes, de jeux érotiques, d’androgynie

D’une certaine manière, cette influence sur les autres a eu un effet bénéfique sur sa vie : Gisèle Desailly, veuve de Juillard, l’avait une fois invité à sa table, après la publication de L’Apprenti Sorcier. La rencontre dura deux heures. Elle fut subjuguée au point de lui demander de mettre toue la conversation écoulée dans un livre… Ceci devint Une adolescence au temps du Maréchal.