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Sep 09

La falaise aux étoiles

association-litteraire-francois-augieras.jpgIX – LA FALAISE AUX ETOILES, par Kenwag

Dans la nuit close comme une gemme, les falaises dominent la Vézère, ruines d’une forteresse vieille d’un million d’années.

A leurs pieds, la rivière noire roule des flots de lave lisse.

Leurs vagues accrochent des cristaux de lune.

Sur l’une d’elles, deux hommes.

Habillés comme des coureurs des bois, avec des vêtements de toile solide, d’aspect militaire, coiffés de casquettes de soldat enluminées de Signes, chaussés de bottes de coureurs des bois.

Immobiles

Depuis des heures.

Depuis le moment où François est remonté du rivage, nu, couvert d’une hermine rutilante de gouttelettes d’eau.

Ils regardent les Etoiles Froides.

Rêvant d’autres Etres, là-haut, en train de les observer.

Deux hommes jeunes, le sang animé du feu de la Poésie.

Deux amis.

Paul écoute François parler.

François lui raconte ses Autres Vies.

Ses Milles Destins.

La Roue des Réincarnations.

Dans la perspective de ces visions, la mort apparaît comme un simple passage.

Le silence suite les dernières paroles de François.

Il y a le murmure de la rivière, très loin, trente mètres plus bas.

Au milieu des rouleaux, des pierres éboulées laissent apercevoir comme une pomme d’épée.

Le vent dans les frondaisons.

Un oiseau de nuit.

La Nature leur parle.

Ils écoutent les rochers raconter une Mémoire Mille Fois Millénaire.

Ils sentent en eux le frisson infini des ténèbres.

Celui de la Belle Peur aux Portes des Mystères.

D’avoir évoqué le Grand Cycle Eternel a ramené en eux l’énigme de la fin de la vie, de cette existence où l’Amitié les unit comme un seul Etre.

La perspective immense de cet inévitable passage les envoûte.

Alors, François regarde Paul.

Dans les ténèbres, leurs yeux accrochent la clarté pallide de la lune.

Il pose sa main sur son épaule.

Puis il lui murmure :

« Je reviendrai …

L’Ame ne s’éloigne pas …

Pas tout de suite …

La vie coule …

Infiniment … »

Infiniment …

Note

Je me suis servi, pour écrire cet article, de sources diverses, un entretien avec Paul Placet, la lecture de son beau livre ‘Un barbare en Occident’, aux Editions Pierre Fanlac… De rêves, aussi … Je l’ai surtitré « première approche » : en effet, c’est une vision, j’en conviens, très personnelle de François Augiéras. Pour décrire la vie de cet écrivain protéiforme, il faudrait écrire une sorte de poly biographie quasi-romane

François Augiéras : première approche, Les Aventures de l’Hermès Androgyne, Kenwag