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Sep 30

Bertrand Burgalat inspiré par l’écrivain François Augiéras

Son nouvel album, Les choses qu’on ne peut dire à personne 

« Avec un disque, on peut exprimer des choses qu’on ne parviendrait pas à dire autrement, par de simples mots. Quand il s’agit des miens, je me pose trop de questions : j’ai peur que ce soit indécent, sentencieux. Trouver le ton juste, c’est délicat… Heureusement, j’ai la chance de connaître des auteurs que j’apprécie beaucoup, qui expriment mieux ces ressentis que moi. Cela me permet de naviguer entre des univers tantôt sombres, tantôt optimistes. J’aime l’idée que ce soit un album dont on écoute chaque morceau individuellement, de manière buissonnière, ou bien sur sa continuité. C’est agréable de ne pas faire tout de suite le tour d’un disque…

Bertrand Burgalat : Ses inspirations sur son nouvel album

Dans le désordre : l’écrivain François Augiéras, le stade Charléty, la tour de Romainville, le poète Maurice Gravaud Lestieux, le quartier de la Défense, le rock’n’roll d’aujourd’hui, qui a pris une grande part dans la mode, et incarne désormais presque le contraire de ce qu’il voulait à l’origine représenter. Maintenant que j’ai une fille, je réalise à quel point ce que la culture rock, avec ce qu’elle charriait d’images de révolte et de drogue, a pu affoler mes parents, surtout à une époque où l’affrontement générationnel était institué.

 

Sa vision de la musique

Je n’essaye pas de faire quelque chose de nouveau car c’est le meilleur moyen de tourner en rond. Mais j’ai des astuces. Par exemple, j’utilise autrement la pedal steel, instrument emblématique de la country, afin de la rendre plus onirique, plus spatiale. D’après moi, la musique doit être universelle, elle doit faire abstraction des origines sociales. Actuellement, la scène hexagonale est pleine de vitalité. Je suis de près le travail d’Aquaserge ou d’Alice Lewis et me sens moins isolé qu’à mes débuts… Même si je constate qu’il y a un grand hiatus entre la pop alternative et l’univers grand public. Il y a encore des artistes populaires comme Marc Lavoine qui interprètent des chansons bien écrites, mais du côté de la musique urbaine, des choses très mauvaises sont imposées par les maisons de disques. Le fossé s’est creusé, et peu de chanteurs traversent encore les classes sociales comme c’était le cas auparavant.

Vanity Fair