Déc 09

François Augiéras, une porte sur l’Absolu

Publié par Loïc Di Stefano 26/07/2012
A l’occasion de la parution de François Augiéras, le dernier primitif, rencontre avec Serge Sanchez, auteur de cette remarquable biographie.

François Augiéras

Biographie

— François Augiéras est un auteur qu’on redécouvre tous les dix ans. Mais jusqu’à présent il n’y avait pas de biographie « grand public » et pas grand chose en dehors de rares travaux universitaires. Pensez-vous que votre François Augiéras, le dernier primitif va changer cela ?

Serge Sanchez. Il ne faut pas oublier de saluer les efforts de Jean Chalon et Paul Placet. C’est grâce à eux que la mémoire d’Augiéras a été conservée jusqu’ici. Il faut en particulier rendre hommage au livre de Paul Placet, François Augiéras, Un barbare en occident, aujourd’hui réédité par La Différence.
Je n’aime pas le terme « grand public » accolé à mon livre. Il n’y a que deux sortes de livres, les bons et les mauvais. Stevenson, Balzac, Giono, Dickens… Des auteurs « grand public », en effet. On pourrait en citer mille. Les écrivains importants ont ceci de commun qu’ils peuvent être lus par tout le monde. Cela dit, et en toute modestie, je pense en effet que mon livre a permis de faire mieux connaître François Augiéras. Mes efforts ont été relayés par mon éditeur, Manuel Carcassonne, chez Grasset, qui a fait preuve d’une compétence et d’un enthousiasme sans faille pour éditer ce livre. Le résultat, c’est qu’Augiéras est sorti du ghetto, qu’il est délivré de l’étiquette d’auteur maudit comme le montrent les nombreux articles parus dans la presse ainsi que la présence du Dernier Primitif dans la sélection de printemps du Prix Renaudot, catégorie essais. C’était le principal but visé.

— Par « grand public » j’entendais « pas universitaire ». Et même si elle trouve son lectorat mérité, l’œuvre d’Augiéras reste difficile d’accès, par son exigence même. En cela, très loin au dessus des Marc Lévy et consorts, il n’est pas un auteur « grand public ». D’ailleurs, et c’est un vieux débat, certains textes de Balzac (Louis Lambert par exemple, et les romans inspirés par Swedenborg) sont très difficiles d’accès… En ce sens, il faut rapprocher François Augiéras de Victor Segalen, lequel, même s’il a une université à son nom et un « passé » d’auteur au programme universitaire, reste largement méconnu en dehors des fervents.

Serge Sanchez. Je vous laisse la responsabilité de ces remarques. Je ne connais pas Marc Lévy. Je ne trouve pas Balzac si difficile, en revanche ce que vous dites de Segalen me semble juste. En tout état de cause, je pense que l’accès à la pensée demande toujours un effort et que la qualité du lecteur joue autant que celle de l’écrivain, quel que soit le texte.

— Votre biographie ne fait pas référence aux précédents travaux sur Augiéras. Pourquoi ce choix du silence ?

Serge Sanchez. Il me semble avoir cité toutes mes sources. Les travaux intéressants ont été mentionnés scrupuleusement, que ce soit les écrits de Paul Placet ou les articles publiés à l’Île Verte ou au Temps qu’il fait.

— Sauf erreur de ma part et sans vouloir chercher la petite bête, vous ne mentionnez pas les travaux comme le François Augiéras, l’apprenti sorcier de Philippe Berthier (Champ Vallon, 1992) ou l’essai plus suggestif de Joël Vernet François Augiéras : L’aventurier radical (Jean-Michel Place, 2004) On ne peut pas tout lire, certes, mais Augiéras n’est pas Sartre et la bibliographie est succincte… Ces travaux ne sont pas intéressants ?

Serge Sanchez. Ces travaux sont intéressants et sensibles. Je les ai lus, mais ne m’y suis pas référé dans le cadre de la biographie, qui n’est pas une analyse mais le récit d’une vie. Voilà pourquoi je ne les ai pas mentionnés. Cela dit, j’en recommande la lecture qui peut donner un éclairage intéressant sur l’œuvre.

— Vous parliez de Paul Placet, l’ami et co-auteur de la Chasse fantastique. Dans quelle mesure Augiéras avait-il besoin de cette fidélité magnifique pour porter son œuvre ?

Serge Sanchez. Augiéras vivait très isolé, mais il avait aussi besoin de contacts. Paul Placet se montra pour lui l’ami idéal. Après sa disparition, il a organisé des expositions importantes de ses peintures, manuscrit, etc. Il a travaillé inlassablement à faire connaître son œuvre. Signalons l’exposition Augiéras qui se tient à Cahors du 15 juin à fin juillet. C’est encore grâce à lui.

Lire la suite
Propos recueillis par Loïc Di Stefano

Lien

Écrivain français, François Augiéras est né orphelin le 18 juillet 1925 à Rochester, près de New York (États-Unis). Son père, pianiste et professeur de musique en poste aux Etats-Unis, vient de mourir d’une appendicite purulente. En novembre de la même année, l’enfant et sa mère, dessinatrice de mode d’origine polonaise, embarquent sur le paquebot France pour rentrer à Paris. « Je n’ai pas eu de père: je cherche l’homme, la protection de l’homme. Je n’ai pas eu de frère: je cherche les garçons de mon âge comme un puissant aimant », dira-t-il plus tard.

La République des Lettres http://republique-des-lettres.com/augieras-9782824903521.php

Oct 20

Voyage au Mont Athos : désirs et délires de François Augiéras

Source Grèce Hebdo
« Quand ce désir de peindre me prend avec une rare violence, je me demande alors si je n’écris pas de livres uniquement pour trouver des sujets d’étoffes peintes, des thèmes, un univers qui n’appartiennent qu’à moi. »

François Augiéras (1925-1972), aventurier autodidacte et atypique, nomade inspiré, il accomplit une œuvre picturale et littéraire unique et inclassable en restant l’une des figures les plus fascinantes et scandaleuses de la littérature de son époque voire suscitant l’enthousiasme des figures intellectuelles telles que André Gide, Marguerite Yourcenar, Yves Bonnefoy.

Philippe Lacadée, psychanalyste, auteur de François Augiéras. L’Homme solitaire et la Voie du réel , et Marc Saboya, professeur d’histoire de l’art contemporain à l’université de Bordeaux III, nous invitent à sa découverte, mercredi 15 mars à l’Auditorium Theo Angelopoulos, à l’Institut français d’Athènes.
Augiéras : l’oscillation entre génie et folie

Né en 1925 aux États-Unis, il était le fils d’un pianiste français célèbre, mort peu avant sa naissance. «Je n’ai pas eu de père: je cherche l’homme, la protection de l’homme. Je n’ai pas eu de frère: je cherche les garçons de mon âge comme un puissant aimant.» Détestant la religion chrétienne, il se rattachait aux dieux païens et il se pensait immortel.

La brève notice biographique qu’il écrivit lui-même pour un de ses livres s’achevait par cette phrase: «Ayant abandonné ses études à 15 ans, il tourne assez vite à une sorte de vagabondage.»

Il quitte l’école à l’âge de treize ans et suit des cours de dessin. En 1941, il s’inscrit dans l’ un des mouvements de jeunesse mis sur pied par le régime de Vichy, mais dès 1942 il s’en détache pour devenir acteur dans un théâtre avant de se retrouver en Algérie française. Solitaire et révolté, Augiéras multiplie les voyages, parcourant notamment l’Algérie et la Grèce, et faisant retraite au mont Athos. D’un tempérament panthéiste, Augiéras évoque ouvertement dans ses écrits l’attirance sexuelle pour tous les êtres vivants.

Un voyage au mont Athos, décrit comme «séjour au Pays des Esprits selon la plus stricte orthodoxie bouddhiste et pythagoricienne», sera publié en 1970. En dépit de sa défiance du christianisme, il séjourna chez des moines orthodoxes allant de monastère en monastère sur la Montagne Sainte. Il y retrouva sa vraie identité, son véritable Moi, en approfondissant son expérience de la spiritualité et de la vie mystique, du point de vue de la sensualité. Pour Augiéras, le plaisir physique constitue par excellence la méthode par excellence de la purification de l’âme.

Mort à 46 ans en 1971, suite à une maladie cardiaque, François Augiéras laisse une œuvre écrite et peinte inclassable et parfois dérangeante.

Nous avons raté :

Soirée autour de Soirée autour de François Augieras |« Voyage au Mont Athos »
Avec Philippe Lacadée & Marc Saboya
Mercredi, 15.03.2017, 19h00 | Auditorium Theo Angelopoulos-IFG, Institut français d’Athènes
Entrée libre – Traduction simultanée

Sep 30

Bertrand Burgalat inspiré par l’écrivain François Augiéras

Son nouvel album, Les choses qu’on ne peut dire à personne 

« Avec un disque, on peut exprimer des choses qu’on ne parviendrait pas à dire autrement, par de simples mots. Quand il s’agit des miens, je me pose trop de questions : j’ai peur que ce soit indécent, sentencieux. Trouver le ton juste, c’est délicat… Heureusement, j’ai la chance de connaître des auteurs que j’apprécie beaucoup, qui expriment mieux ces ressentis que moi. Cela me permet de naviguer entre des univers tantôt sombres, tantôt optimistes. J’aime l’idée que ce soit un album dont on écoute chaque morceau individuellement, de manière buissonnière, ou bien sur sa continuité. C’est agréable de ne pas faire tout de suite le tour d’un disque…

Bertrand Burgalat : Ses inspirations sur son nouvel album

Dans le désordre : l’écrivain François Augiéras, le stade Charléty, la tour de Romainville, le poète Maurice Gravaud Lestieux, le quartier de la Défense, le rock’n’roll d’aujourd’hui, qui a pris une grande part dans la mode, et incarne désormais presque le contraire de ce qu’il voulait à l’origine représenter. Maintenant que j’ai une fille, je réalise à quel point ce que la culture rock, avec ce qu’elle charriait d’images de révolte et de drogue, a pu affoler mes parents, surtout à une époque où l’affrontement générationnel était institué.

 

Sa vision de la musique

Je n’essaye pas de faire quelque chose de nouveau car c’est le meilleur moyen de tourner en rond. Mais j’ai des astuces. Par exemple, j’utilise autrement la pedal steel, instrument emblématique de la country, afin de la rendre plus onirique, plus spatiale. D’après moi, la musique doit être universelle, elle doit faire abstraction des origines sociales. Actuellement, la scène hexagonale est pleine de vitalité. Je suis de près le travail d’Aquaserge ou d’Alice Lewis et me sens moins isolé qu’à mes débuts… Même si je constate qu’il y a un grand hiatus entre la pop alternative et l’univers grand public. Il y a encore des artistes populaires comme Marc Lavoine qui interprètent des chansons bien écrites, mais du côté de la musique urbaine, des choses très mauvaises sont imposées par les maisons de disques. Le fossé s’est creusé, et peu de chanteurs traversent encore les classes sociales comme c’était le cas auparavant.

Vanity Fair

Jan 31

Une vie une oeuvre – François Augiéras

Ecouter sur France Culture

Un documentaire de Christian Guidicelli et Marie-Andrée Armynot

Par Christian Guidicelli – Avec Jean Chalon Michel Mardore et Paul Placet – Réalisation Marie-Andrée Armynot

Déc 02

François Augiéras, Un destin destiné à nourrir son œuvre littéraire

François Augiéras

Publié le par Jean-Yves Alt

Catégories : #HISTOIRE

Qui était François Augiéras ? Un illuminé, un demi-fou, le dernier des barbares ? Un peu tout cela à la fois.

Né en 1925 à Rochester aux Etats-Unis, il était le fils d’un pianiste français célèbre, mort peu avant sa naissance. De sa mère, peintre sur céramique, qu’il jugeait idiote et qui le lui rendait bien, il ne revendiquait seulement que l’origine slave, se voulant un barbare nomade venu d’Asie et de Russie.

Détestant la religion chrétienne, il se rattachait aux dieux païens antérieurs à cette ère. Persuadé d’avoir eu plusieurs vies, il se pensait immortel et croyait fermement être venu sur Terre, non pas du lointain passé, mais du… futur. Son âme, selon lui, était une partie du cosmos.

Un être aussi singulier ne pouvait avoir qu’une existence peu commune. Vivant en marge des hommes, dans une terrible solitude, c’était un errant dont l’itinéraire tournait autour de quelques repères : la Vézère en Dordogne, le désert d’Afrique du Nord, les lieux saints et antiques de la Grèce…

Squattant les fermes abandonnées, allant même à habiter dans des grottes au cœur de la nature qu’il préférait aux hommes, il est mort à quarante-six ans, le cœur usé, dans un asile de vieillards, en Dordogne, en 1971. Eternellement à la recherche d’un « Père », d’un « Maître », d’un « Initiateur », mais aussi de quelques jeunes « Frères », il a surtout suivi, souvent avec crainte, la pente de son étrange destin.

Un destin destiné à nourrir son œuvre littéraire par laquelle seulement son rêve d’immortalité avait quelque chance de devenir réalité.

Après plusieurs décennies d’oubli, ses livres, qui avaient trouvé un relatif écho chez les hippies soixante-huitards et quelques rares homosexuels lettrés, semblent devoir survivre à une simple mode. (1)

Dans sa folie, toute relative et non dénuée de malice et de stratégie littéraire (ne s’est-il pas jeté dans les bras du vieux Gide pour faire éditer son premier livre), François Augiéras finirait-il par avoir raison ?

C’est bien possible ! Quoi qu’il en soit, ses livres, nourris de douloureuses et joyeuses expériences, sont singuliers et beaux, lyriques et denses, narcissiques à l’extrême.

Leur lecture rend perplexe ou ébloui, mais jamais indifférent. On n’en ressort pas tout à fait intact. Aussi est-il recommandé de les aborder avec précaution.

(1) Principaux ouvrages de François Augiéras :

Le vieillard et l’enfant (Editions de Minuit, 1985, ISBN : 270731000X)

– Le voyage des morts (Editions Grasset/Les cahiers rouges, 2006, ISBN : 2246583829)

L’apprenti sorcier (Editions Grasset/Les cahiers rouges, 2006, ISBN : 2246510228)

– Une adolescence au temps du Maréchal (Editions La Différence, 2001, ISBN : 272911341X)

Un voyage au mont Athos (Editions Grasset/Les cahiers rouges, 2006, ISBN : 2246522129)

– Domme ou un essai d’occupation (Editions Grasset/Les cahiers rouges, 2006, ISBN : 2246550823)

Lire aussi : François Augiéras, un barbare en Occident de Paul Placet


Les éditions L’originel me communiquent la parution de : François Augiéras ou Le Théâtre des Esprits

Cet ouvrage présente des textes sur l’auteur mais aussi des épreuves de « Le vieillard et l’enfant » et de « Le voyage des morts ». Des photos et des reproductions de sa peinture accompagnent les textes. Un CD-Rom est joint à ce livre qui comprend un enregistrement de la voix d’Augiéras, qui lit ses principaux ouvrages, une biographie, des films d’archives, et ses peintures.

Jan 21

François Augiéras – peintre (1940-1949) par Jean Boyé

François Augiéras et Abdallah Chaamba

Un seul homme – deux noms d’auteur. On peut dire pour simplifier que si François Augiéras a écrit et peint, par contre Abdallah Chaamba ne fit qu’écrire.

Augiéras répétait à l’envi que les arts plastiques étaient finis, qu’il devenait impossible de peindre ou de sculpter. Il alla même au-delà en déclarant : « Maintenant que tous les arts sont morts, … » (Le voyage des morts Edition Fata Morgana chapitre El Goléa III). Son absolutisme dans ce domaine l’amena à rejeter tout, en bloc, à récuser toute valeur aux diverses productions de l’Ecole de Paris _; il détestait les romans et la poésie qui avaient paru dans la première moitié du XXème siècle. Pour sa part, il croyait avec force en la naissance d’une nouvelle esthétique plus conforme à l’espace qui s’ouvrait devant nous et aux connaissances dont nous étions les héritiers ; un tel évènement serait un tournant décisif qui, selon lui, ne pouvait en aucun cas avoir lieu dans une métropole, symbole d’une civilisation qu’il haïssait profondément.

Certes, il y eut un temps de rupture avec la peinture mais qui dura seulement une époque dans sa brève existence. Peut-être, comme je l’indiquais plus haut, au moment même où il écrivit ses ouvrages sous le pseudonyme d’Abdallah Chaamba.

Malgré les dires de François Augiéras nous avons tout loisir aujourd’hui de contempler ou d’analyser son œuvre de dessinateur et de peintre fidèle à des conceptions très personnelles.

La rencontre

Précisons maintenant les conditions de notre première entrevue :

Le peintre Lunaud de Brantôme invita François Augiéras à me rencontrer. Il frappa à la porte du 20, rue Emile Roux à Périgueux un après-midi au début de 1947. Je me souviens de sa haute stature, de la puissance de sa voix et du fameux vélo rouge doté du strict nécessaire pour rouler. La sympathie naquit très vite : notre discussion, le coup d’œil qu’il promena sur les rayons de la bibliothèque, Edgard Poe, Rimbaud, les Variétés de Valéry, L’Origine de la Tragédie de Nietzsche, etc. furent entre autres le levain de l’amitié. Ma peinture déclencha une certaine surprise, elle était marquée par l’influence de Maurice Albe avec qui je travaillais à l’époque. La géométrisation qu’elle contenait en faisait une œuvre post-cubiste dans le genre d’André Beaudin. Mes dessins et peintures furent pour François le premier contact avec les paysages du Sarladais qui, dans sa vie, devait tenir plus tard une si grande importance. Il remarqua tout particulièrement les vieilles fermes et leurs toitures en triangle, les collines et les forêts aux sombres verdures, en bref tout ce que j’avais réalisé le long de l’Enéa, aux environs de Saint-Vincent-le-Paluel.

Les reproductions aux murs

Le lendemain je me rendis chez lui 14, place du Palais à Périgueux. La petite chambre et la pièce contiguë beaucoup plus grande ne pouvaient que m’étonner.

Dans la chambre des reproductions aux murs (La mort d’Adam, Le songe de Constantin, deux fresques de Piero della Francesca dans l’église Saint-François à Arezzo, La Dulle Griet, Margot l’enragée, de Bruegel le vieux -, Le rêve d’Henri Rousseau. Le choix de ces œuvres de par leur contenu avait une signification toute particulière pour lui : une homosexualité sous-jacente dans les deux premières, l’allant d’une furie à la grande allure paysanne quant à la troisième, la jeune fille nue sur un canapé dans un paysage tropical pour la dernière. Toutes trouvaient ou trouveront un prolongement dans ses créations ou sa propre vie ; des couleurs, des pinceaux, divers médiums et matériels sur la table ; à même le sol des livres d’art plus ou moins abîmés et tachés, de quoi fumer, un cendrier, une bougie , sur le lit minuscule ici et là des carnets pour compléter.

Dans la grande pièce deux murs étaient recouverts par les peintures de François. Des toiles sans châssis, deux clous à leur sommet les maintenaient. Des toiles de 1, 50 m de haut et 0, 50 m de large, il s’en dégageait une impression de verticalité, une unité de sujet, de jeunes paysans, des paysannes, des couleurs grises, des ocres, des terres, un fond uniforme. On pouvait noter assez aisément l’influence de Bruegel le vieux. En face de moi, était suspendue une tenture d’environ 2 m x 2, 30 m représentant trois personnages se tenant par la main et dansant sur une prairie. Augiéras tint à préciser : « la Tenture d’Avignon » parce qu’il l’avait réalisée dans un bordel de cette ville en 1946. Le lieu de sa création, le titre, la géométrie des formes provoquèrent un déclic en moi -, je pensai immédiatement à la toile de Picasso peinte en 1907 au Bateau-Lavoir à Paris, Les demoiselles d’Avignon qui représentent une scène de bordel, carrer d’Avinyô, à Barcelone. Mais les sujets de la tenture et de la toile étaient très différents. Je voyais là, peut-être une certaine rivalité avec celui qui tenait la vedette à l’époque dans le domaine des arts plastiques. Un peu partout, dans des dimensions plus petites, des peintures représentant des visages de profil, de face, aux yeux exorbités, aux lèvres assez volumineuses-, les couleurs en étaient nettement plus vives. Un sentiment curieux s’en dégageait, une galerie de portraits qui ne ressemblait à aucune autre (Seuls, Marcel Loth et Paul Placet possèdent des œuvres de cette période). A leur sujet, François citait Rimbaud, il disait peindre le petit valet suivant l’allée dont le front touche le ciel » (Les Illuminations -Enfance IV).

Des œuvres qui illustrent ces thèmes littéraires

En fait, dans l’univers que je découvrais, ces multiples personnages étaient l’exacte réplique de ceux qui évoluent dans les courts poèmes en prose des Noces avec l’Occident. Il les avait rencontrés dans les bals, dans les auberges au cours de ses nombreuses sorties dans la campagne autour de Périgueux.

Les œuvres de François Augiéras n’ont toujours été qu’une illustration de ses thèmes littéraires. Son langage dessiné, peint ou écrit est absolument identique. Énonçant cela, je pense principalement au rapport qui exista entre les « Icônes modernes » et ses textes résolument tournés vers un certain sacré.

*

Un quatuor

En 1947, je connaissais le peintre Marcel Loth, de son côté François Augiéras était lié depuis plusieurs années avec un autre peintre Guy Célérier. Il ne fallut que quelques jours pour qu’un groupe se constitue, certes il y eut des dissensions, mais le fait de vivre très en marge de la peinture officielle périgourdine à cause de nos conceptions sur l’art donna tout de même une solidité à notre quatuor. Quelques mois plus tard vint se joindre à nous Paul Placet, passionné de littérature, presqu’autant de peinture, hanté par les livres qu’il portait en lui.

*

Les débuts de François Augiéras en peinture

En peinture, les débuts de François Augiéras sont à situer bien avant 1947, au début de la guerre. Il a donc commencé très jeune ; le fait que sa mère peignait des services en porcelaine pour les manufactures de Limoges, sous le nom de Sinska, n’est certainement pas étranger à cette vocation précoce. Entre parenthèses, ne doit-on pas signaler qu’il détestait les travaux de celle-ci considérés par lui comme bassement commerciaux.

A ce moment-là, il exécute sur les bords de l’Isle en face de Saint-Front, une aquarelle avec Dessales-Quentin professeur à l’École de dessin de Périgueux. L’expérience n’eut lieu qu’une fois, il en fut de même, à cet endroit, avec Julien Saraben peintre et Directeur de cette même école. Il alla bien quelquefois peindre dans le quartier dit « les basses rues » qu’affectionnaient les artistes locaux. Mais François ne pouvait supporter ce type de sortie sur le motif, par contre, il était parfaitement capable de demeurer devant un paysage des heures durant, de l’analyser en s’efforçant d’en retenir les formes et les couleurs essentielles conformément à son état d’esprit de l’instant. A ce titre, on doit citer les longues méditations passées pendant la guerre à regarder la carcasse du chantier interrompu de l’hôpital sur la colline, route de Paris. Il trouva dans cette construction moderne inachevée, avec ses cubes géométriques devant le ciel, une inspiration qui devait le marquer grandement (Il mourut en décembre 1971 dans cet hôpital depuis longtemps terminé).

Julien Saraben

Ses relations avec Julien Saraben furent toujours conflictuelles pour diverses raisons. Par exemple, François empruntait des livres à la bibliothèque de l’école, il oubliait de les rendre ou s’il les restituait c’était souvent dans un état délabré. Pourtant il conservait à son égard un souvenir fait de bienveillance et de reconnaissance, car Julien Saraben l’avait incité à lire l’Histoire de l’art d’Elie Faure et qu’il la commentait en y ajoutant une grande part d’émerveillement. Comme une ligne toujours ininterrompue avec de multiples ramifications, ce long poème lyrique sur les époques, les styles, le langage des formes et des couleurs, complété par une approche et des appréciations pertinentes, tout peut-on dire retint François qui puisa là, j’en suis sûr, son goût pour les ouvrages d’art dont toute sa vie il s’entoura. L’Histoire de l’art d’Elie Faure était en quelque sorte à l’époque la passerelle nécessaire pour aborder plus tard dans les meilleures dispositions Les voix du silence d’André Malraux.

Pierre Parsus

Ensuite, pendant la guerre, il y eut sa participation au théâtre du Berger et à cette occasion sa rencontre avec le peintre Pierre Parsus. François nourrissait une grande admiration pour lui, mais les heurts entre eux prirent vite le pas sur l’amitié. La puissance de travail de Pierre Parsus sur le plan de la création exerçait un énorme attrait sur François qui, par ailleurs, n’appréciait pas les fréquentations de son ami dans la ville de Périgueux.

Celui-ci lui donna dans le domaine de la peinture des conseils qu’il refusa et qui, à mon avis, auraient donc dû rester sans effet. Cependant une certaine influence peut être décelée dans une partie de son œuvre.

Les soirées théâtrales avec leurs corollaires, confection des décors, des costumes et des marionnettes, dans les villages du Massif central en hiver demeureront les sédiments constitutifs de son adolescence. Assurément, l’étape capitale fut Aubusson, la tapisserie étant en plein renouveau grâce à l’impulsion de Jean Lurçat. Chacun se demanda si ce n’était pas là une halte nécessaire pour son destin. Lurçat qui incluait l’univers, la profusion végétale, le bestiaire et même l’écriture poussait les deux peintres à l’interrogation sur eux-mêmes [Lire à ce sujet : le remarquable numéro du Point réalisé par Pierre Betz en mars 1946 à Souillac Lot : Aubusson et la renaissance de la tapisserie (les photos de Robert Doisneau qu’il contient sont des chefs-d’œuvre)]. De plus c’était en quelque sorte la résurrection de la tenture l’Apocalypse de Saint-Jean, cet ensemble de tapisseries du château d’Angers. L’avant-garde de la création artistique s’était tout à coup déplacée dans une province délaissée pour trouver matière et formes nouvelles.

La troupe du théâtre du Berger se dispersa. Pierre Parsus disparut pour un temps de l’univers de François Augiéras qui regagna Périgueux et aussitôt se posa des questions : Allait-il écrire ? Allait-il peindre ? Ou mener les deux ensembles ? Apparemment il choisit cette dernière solution. Une lettre de Pierre Parsus de 1943 le confirme ; il écrit : « j’ai lu Le récit de la vie de compagnon avec beaucoup d’intérêt. Fuis toujours de plus en plus l’intellectualisme, recherche la réalité. » … « François je veux espérer que le bain que tu prends dans la société contribuera toujours à t’élargir, à te faire sortir de toi-même. A aimer. Ainsi seulement tu auras un rayonnement, une influence. » François Augiéras fréquentait alors le monde paysan proche de Périgueux et, revenu dans son atelier, peignait des portraits et des personnages comme ceux que je devais découvrir à l’occasion de notre première rencontre. Pierre Parsus appréciait en son ami plus le peintre que l’écrivain ; ceci apparaît à la lecture d’une nouvelle lettre datée du 26 avril 1946 au sujet de ses textes : « … C’est une succession d’images qu’il n’appartient pas à la littérature de créer, c’est ou du cinéma ou de la peinture… Tout ce que tu exprimes … n’est que pictural.

*

Ecrivain et peintre

A partir de 1947, date où je fis connaissance de François Augiéras je puis rapporter quelques faits et donner mes impressions sur l’évolution de sa vie et de son art.

Il courait les aventures en Périgord, il allait et venait dans le Midi ou en Afrique du Nord. A ce sujet je pense à ce poème d’André Breton : « … Il porte le nom flamboyant de Cours-les-toutes / A la vie à la mort cours les deux lièvres / Cours ta chance qui est une volée de cloches de fête et d’alarme / Cours les créatures de tes rêves… ».

Lorsqu’il revenait à son domicile, il écrivait et peignait ; seuls quelques amis liront ou verront ses travaux. Le manuscrit Les noces avec l’Occident ne sera édité par Fata Morgana qu’en 1981 (Fort heureusement le peintre Marcel Loth possédait un exemplaire de ce manuscrit, le seul conservé.). Par contre commenceront à circuler à travers le monde, un peu partout, les carnets aux pages multicolores imprimés par Pierre Fanlac et qui seront l’embryon du Vieillard et l’enfant. Quant aux œuvres peintes, elles ne recevront aucune diffusion, elles demeureront dans les deux pièces du 14, place du Palais. Maurice Albe, alors Directeur  de l’Ecole de dessin à Périgueux devait lui permettre devant quelques personnes, de donner une conférence au cours de laquelle il exposa ses idées avec beaucoup de brio. Il nous parla entre autres de son expérience au théâtre du Berger, de La vie de Lazarillo de Tormès, l’un de ses livres de chevet peu connu aujourd’hui et, curieusement, de l’Imitation de Jésus-Christ. Il me remit le texte de cette conférence qu’il me redemanda quelques mois plus tard -, il avait cette habitude : confier des documents à un ami puis les reprendre, trait original de son caractère, peut-être afin de disperser secrètement chez les uns et les autres ce à quoi il tenait.

Jean Boyé

1990

Source et suite de l’article.

Déc 20

Le voyage des morts

Le voyage des mortsCe journal tenu alors que l’auteur était berger dans le Sahara dans les années cinquante est un ouvrage scandaleux ultime. Scandaleux dans l’aveu d’un plaisir naturel tiré des garçons, des jeunes filles, des animaux. Ultime car la quête d’Augiéras, dont le désir se lève contre « la vulgarité de l’Europe », est plus pure et plus passionnante que ses actes : traquer le secret d’une nouvelle alchimie, d’une nouvelle « mathématique » du verbe. Au risque de se brûler. De ces « notes ouvertes sur l’avenir » s’échappe le cri d’un homme : « Je ne suis qu’un barbare et j’ai vécu trop seul ». Epouvantable et prodigieux.

Editions Grasset, Les cahiers rouges

Sep 26

FRANÇOIS AUGIÉRAS Trajectoire d’une ronce

Trajectoire d'une ronce

Trajectoire d’une ronce

FRANÇOIS AUGIÉRAS

Trajectoire d’une ronce
Jacques Isolery
Homotextualités
LITTÉRATURE QUESTIONS DE GENRE

François Augiéras (1925-1971), écrivain et peintre, fascina assurément ceux qui eurent la chance difficile de son amitié. Aventurier de l’esprit, explorateur des corps, grand amoureux de l’âme, il concentra dans son oeuvre ce que l’on a essentiellement retenu d’elle : un érotisme généralisé et souvent scandaleux, un panthéisme anachronique, une pensée magique et une agression intempestive face à toutes les formes de « dé-cadence » et d’entropie nihiliste de notre civilisation occidentale.

ISBN : 978-2-296-55224-1 • juillet 2011 • 350 pages

Mai 02

Augiéras le barbare, Par Thierry Gandillot

Mort à 46 ans en 1971, François Augiéras laisse une œuvre écrite et peinte inclassable et parfois dérangeante. Une adolescence au temps du Maréchal le prouve.

C’était un homme étrange qu’on rencontrait sur les bords de la Vézère, au cœur de la Dordogne, «pays de revenants, de cavernes froides et de bois». A la maison de repos des Fougères, près de Brantôme, où il est admis, en août 1966, après un premier infarctus, à l’hospice de Domme ensuite, sa figure est connue. Ses extravagances aussi. Parfois, le soir, dans les vapeurs d’encens, il s’assied en tailleur sur son lit, absolument nu, pour jouer d’un grossier instrument de sa confection fabriqué avec un bidon, des cordes et une planche. Le jour, il court les bois, s’installe dans une de ces grottes qui truffent cette Dordogne où, dit-il, «j’habitais depuis quatre ou cinq siècles», pour y pratiquer des rites bizarres. Parfois, les autorités locales s’émeuvent de cet inquiétant troglodyte, la population se plaint et on lui envoie les gendarmes.

On lui connaît une épouse, auxiliaire des PTT à Hautefort, dans le nord-est du département. Parfois, il disparaît et la rumeur prétend qu’il est à Tunis, où ses peintures sont exposées, ou, peut-être, en Grèce. N’est-il pas en train d’écrire Un voyage au mont Athos? On dit que cet homme des cavernes a connu Gide et que, dans sa jeunesse, il a publié un livre scandaleux aux éditions de Minuit, sous un pseudonyme arabe. On dit encore qu’il a été méhariste en Algérie, berger en France.

Pourtant, quand, en décembre 1971, à l’âge de 46 ans, il succombe à un troisième infarctus au CHU de Périgueux, son acte de décès porte la mention «sans profession». Sa sépulture est dépourvue de pierre tombale, mais on aurait pu y graver cette forme d’autoportrait qu’il esquissait dans une lettre à Jean Chalon: «Il me semble parfois être une étrange étoile. Disons, si tu veux, un quasar, ces étoiles difficiles à situer, aux signaux très énigmatiques et sur lesquelles toutes les hypothèses sont possibles.»

François Augiéras est né aux Etats-Unis, où son père, pianiste, avait emmené son épouse, Suzanne, dessinatrice de mode d’origine polonaise. Mais, quand elle accouche d’un petit garçon, son mari est mort, emporté par une appendicite purulente. «Je n’ai pas eu de père: je cherche l’homme, la protection de l’homme. Je n’ai pas eu de frère: je cherche les garçons de mon âge comme un puissant aimant.» Quant à sa mère, installée auprès de sa belle-famille en Dordogne pour peindre sur porcelaine, il la trouve «besogneuse, idiote, inhumaine, sans affection pour moi, sans affection pour personne, et finalement dangereuse comme la peste à force de nullité». De son côté, elle craint que son fils «ne soit qu’un bon à rien».

En 1941, à l’âge de 16 ans, François commence par adhérer à un mouvement de jeunesse pétainiste. Non pour des raisons politiques, mais, se justifie-t-il, pour retrouver une forme de fraternité sauvage, au contact de la nature, avec des garçons de son âge. Par rejet du christianisme et attirance pour les rites païens, aussi. «Un sang barbare coule dans mes veines. J’en ai assez du christianisme, explique-t-il dans Une adolescence au temps du Maréchal, publié en 1968 par Christian Bourgois. […] Le germanisme m’intéressait, comme un retour aux forces cosmiques, solaires, la vraie religion de l’Europe. […] Etre antichrétien, oui; prohitlérien, non!»

Un an plus tard, il entre dans une troupe itinérante, le Théâtre du Berger, rejoint ensuite les Compagnons de France, garde des enfants délinquants, travaille dans une ferme. Lui qui se prend pour «un autre Rimbaud – un Rimbaud du temps du Maréchal» s’engage dans la marine et débarque en Algérie. Après de multiples aventures, il rejoint son oncle Marcel, un colonel en retraite qui vit en ermite au fin fond du désert. Il passera plusieurs mois, chez lui, à El Golea. De leur relation naîtra, en 1949, un livre scandaleux, Le Vieillard et l’enfant, publié chez l’éditeur de Périgueux Pierre Fanlac sous le pseudonyme d’Abdallah Chaamba et prétendument imprimé en Belgique. André Gide félicitera l’inconnu et les critiques joueront le jeu du jeune Arabe inconnu qui aurait appris le français sous la férule d’un vieux colonel lubrique. Augiéras, qui modifiera son texte jusqu’en 1957, maintiendra longtemps le mystère. Il ne signera pas ses œuvres avant son quatrième livre, vingt ans plus tard. Et, jusqu’à la fin de sa vie, il conservera la nostalgie du désert: «J’ai envie de revoir mon oncle, mes Arabes, mes rochers au clair de lune, le grand lit en fer de mon parent sur le toit de son borj. Je l’aime, mon oncle de la nuit; sa peau est douce et forte son étreinte; il me guérit de ma solitude.»

Entre deux voyages en Afrique ou en Grèce, où il fréquente assidûment les moines du mont Athos, il regagne toujours «l’étrange Périgord, si proche de l’Asie», et les rives de la Vézère, «sa seule épouse». Là, il peint, il écrit. Son dénuement est tel qu’il utilise des étoffes, des draps et des tables de bois volés à sa mère, ou des panneaux de contreplaqué, dont certains, selon des témoins, serviront à faire des clapiers à lapins. Il rédige L’Apprenti sorcier, qui sortira chez Julliard, en 1954, grâce au soutien de Jacques Brenner, où il raconte les scandaleuses amours, plus ou moins masochistes, entre un adolescent, un prêtre et un petit porteur de pain. Puis Une adolescence au temps du Maréchal, l’histoire de sa vie jusqu’en 1958, date à laquelle il entre dans la police saharienne pour garder le fort de Zirara. Un voyage au mont Athos, «séjour au Pays des Esprits selon la plus stricte orthodoxie bouddhiste et pythagoricienne», bizarrement placé sous le signe de Lovecraft, sera publié en 1970 par Flammarion, grâce aux efforts conjoints de Jean Chalon et d’Etienne Lalou. En revanche, Domme ou l’essai d’occupation ne trouvera pas d’éditeur avant 1982.

A mesure qu’il s’éloigne des hommes, Augiéras se rapproche du ciel. «J’entends l’appel venu des astres et c’est en moi d’abord qu’une nouvelle race est née.» Ou encore: «Je ne suis pas contre les autres hommes, simplement je me suis avancé vers plus de silence et de joie… et je refuse de revenir en arrière. Les hommes me rejoindront plus tard.» La brève notice biographique qu’il écrivit lui-même pour un de ses livres s’achevait par cette phrase: «Ayant abandonné ses études à 15 ans, il tourne assez vite à une sorte de vagabondage.» Trente ans après sa mort, le vagabondage se poursuit.
Source

Articles plus anciens «